Présentation 2019

Emoi Photographique

30 mars- 5 mai 2019

Septième édition

L’Emoi Photographique est un festival de photographie qui se déroule à Angoulême en Charente du 30 mars au 05 mai 2019.

Le festival a cette année deux invités Laurent Chéhère et Flore Aël-Surun.

Il propose vingt-huit expositions autour du thème

« Mystères et Enchantements,

de l’obscurité à l’émerveillement».

Vingt huit expositions dont la diversité est l’essence du festival.

A l’origine du thème de cette septième édition il y a le travail de Flore Aël-Surun qui me parvient en cette fin avril 2018 certainement en corrélation avec le festival du chamanisme de Genac, juste à côté d’Angoulême.

Immédiatement me saute au visage la réussite de la traduction de cette essence énergétique que j’ai pu rencontrer en Afrique avec le vaudou, dans les contes bretons qui décrivent si bien le moment où la frontière entre la Terre et l’humain s’efface ou bien dans la chaleur des mains de certains pratiquants d’arts martiaux qui ont intégré cette idée de circulation d’énergie. Certains scientifiques étudient depuis longtemps et commencent à pouvoir expliquer à nos esprits cartésiens cette notion d’un tout où l’homme a sa place comme tous les autres habitants de la Terre parce qu’il leur est relié. Le besoin de retrouver ce lien dans des regards différents est le point de départ de cette édition de l’Émoi Photographique. L’intérêt de rencontrer des gens différents de nous mêmes est de découvrir les chemins de traverse qu’ils ont empruntés pour s’apercevoir que le but était sensiblement le même pour tous et de s’enrichir de leurs expériences puisque nous ne pouvons les vivre toutes. Une des raisons de la recherche de ces connexions est une recherche de bien-être et de sens, c’est ce que nous proposent Olivier Mulhloff avec la magie de « Zootropie » et « d’Arborescence », Bruno Blais avec «Fantasque mélancolie pyrénéenne » , Pierre-Louis Ferrer avec « Paris invisible ». Et puis la dualité de l’être humain prend place avec ses interrogations et remises en question grâce à Clarisse Rebotier et « Urbanimo », Claude Massassa-Bunny et « Envoutement » ou encore Jean-André Bertozzi et « Ressort poétique »et les chemins se dessinent un peu plus fermement. On emprunte celui de l’interrogation spirituelle et de la temporalité derrière Flore Aël-Surun avec Co et « Humanité 2 », Novowestern et « Kimaira », Dominique Agius et « Vanités ».

En invitant Laurent Chéhère nous avons choisi de remettre un pied dans une réalité réorganisée où dans un élégant mouvement de balancier il nous fait pencher tantôt vers le beau, tantôt vers la tristesse, virevolter vers la détresse mais sans oublier la philharmonie de la vie. Un travail dont aucune des facettes de l’humanité ne semble avoir été oubliées. Cette exploration des diversités nous en retrouvons les côtés sombres avec Pascale Brienne et « Paréidolie », Céline Levain et « Captives », Christian Barbe et « Les portes du Paradis », « La part de l’ange » d’Alain Goirand où les constats de l’enfance comme de l’âge adulte font grincer les dents. Des traumas et de ce que l’être humain en fait consciemment Arthy Mad avec « Solo », Cécile Ménendez avec « Prémonition », Natalia Kovachevski avec « Les contes de Kovachevski», Dorothée Machabert avec « États d’âme » nous offrent un retour sur eux-mêmes où l’expérience permet de s’interroger, parfois de se retrouver. Cette introspection qui permet que le « je » puisse devenir un « on » dans la reconnaissance de l’autre avec Runeda et « Moi..Peau » ou dans l’universalité du mythe chez Mitar Terzic avec « Malleus ».

Les chemins de vie se laissent également photographier lorsqu’ils dénoncent une injustice comme les « fantômes de la corniche » de Baudouin Mouanda qui met en exergue l’injustice liée à la difficulté d’acquérir les connaissances scolaires quand on n’habite pas le bon quartier de Brazzaville et que l’utilisation de la lampe-torche et du lampadaire résonnent comme un retour au Moyen-Age pour la jeunesse démunie du pays.

Et puis il y a des réalités « à côté », celle où l’on glisse juste avec un pas de l’autre côté du miroir pour observer, contempler ce qui nous entoure avec le questionnement que laisse la liberté de se penser invisible, comme passé dans un autre monde avec « La maison du miroir » de Claire Dias-Lachaise, « Symmetricks 1 et 2 : Loire enchantée » de Lisa Elin ou « Lux » de Cush Mok.

Le moment où l’enchantement passe à l’ensorcellement se découvre avec « Médusé » de Stéphane Robin où la fascination pour la beauté sombre de ces méduses s’accorde avec le jeu des mots tellement l’on se sent tiraillé entre la beauté et la violence qui suintent des filaments en nous donnant l’impression d’assister à un combat de gladiateurs. Le vainqueur et le vaincu tout aussi beaux l’un que l’autre, leur similarité physique nous empêchant de les différencier si nous ne nous accordons pas le temps de la contemplation. Pour continuer notre promenade vers la remise en question de la lecture de l’image,

Eric Rumeau propose de nous entraîner dans sa descente aux enfers avec « Refuge de l’ombre », qui est en fait une promenade de santé pour les personnes profitant des bienfaits de l’air confiné dans l’ancienne mine de sel.

Epoustouflant brouillage de repère dans notre perception émotive d’une photographie quasi documentaire que l’auteur déchire avec quelques mots en nous faisant partager l’expérience de sa propre déstabilisation.

C’est cette remise en question, le changement de point de vue, la beauté de l’imagination et la profondeur de la psyché humaine que nous sommes heureux de proposer avec ce voyage allant de l’enchantement à l’ensorcellement en passant par l’ambiguïté de l’entre deux pour parcourir les nuances de gris entre le noir et le blanc de l’âme humaine.

« Peggy Calvez-Allaire »

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